• Ciska Girault

Le GR30 en bivouac avec son chien

Mis à jour : mai 9

- Choisir un itinéraire plus sauvage. Nous avons eu la facilité de pouvoir dormir dans des campings tous les soirs, et se ravitailler facilement, mais finalement ce qui nous a vraiment plu c’est d’être loin de la civilisation, ce qui n’est pas fréquent sur le GR30 le plus adapté pour cela. De plus, comme il n’était pas si facile de trouver un point de bivouac ou camping, ça nous a poussé à faire de longues journées, et finalement moins profiter du temps passé. La plupart des randonneurs du GR30 se logent dans des gîtes, auberges et hôtels en général, et ils sont plus faciles à trouver qu’un coin pour camper !


Cet article semble un peu hors sujet au milieu du thème « comportement » et « médical training », mais finalement j’ai décidé de l’intégrer à mon site, tout simplement parce que j’ai moi-même eu des difficultés à trouver des informations et des retours d’expérience de personnes ayant fait des GR avec leur chiens, je me suis dit qu’il serait dommage de ne pas en faire profiter les autres à mon tour.


En Juin 2019, donc, nous avons décidé de faire notre premier GR avec Nexo. « Nous » étant composés de mon compagnon, Nexo et moi-même. Nous avons déjà fait des bivouacs de 2 à 4 jours en montagne et d’innombrables randonnées à la journée, maintenant il est temps d’aller un peu plus loin !


Nous avons choisi le GR30 pour commencer pour plusieurs raisons :

- Il est assez court : s’il s’avère que la randonnée de longue distance ne nous plaît pas, on n’aura pas posé 1 mois et demi de congé pour rien !

- C’est en moyenne montagne : C'est plus facile à organiser, cela permet de tester le matériel, la météo est plus facile à gérer (pas de nuits à 0°C, pas d’orages de haute montagne…)

- Il y a de nombreux passages dans des villages : Ravitaillement plus facile, et solutions de repli plus faciles en cas de pépin !


En effet il est difficile de trouver des infos sur le GR avec le chien, donc il faut un peu improviser…

Pour commencer, la préparation. Je ne détaillerais pas la partie « humaine », pour ça, on trouve déjà des informations un peu partout ! Voici le matériel emporté pour Nexo :

- Un sac de bât de bonne qualité (Ruffwear Approach, que j'ai eu en très bon état sur Leboncoin pour 40€ !). C'est inenvisageable de partir avec un sac de bât premier prix. Je suis très contente de ce sac. Je n’ai pas grand chose à lui reprocher, si ce n'est que le volume n'est quand même pas énorme (je n'ai pu mettre que 6 rations de croquettes au total), mais compte tenu du poids que Nexo pouvait porter, on s’y retrouve à peu près.

- Manteau de dodo-bivouac (Ruffwear Quinzee) : Idem, très contente de l'achat! C'est léger et compressible, ça ne prend ni les poils ni la saleté et ça sèche facilement. Il se met et s'enlève aussi facilement. J'étais bien contente de l'avoir.

- Laisse-longe : J'ai fabriqué une laisse 3 points ultra-légère pour la rando, avec 2 petits mousquetons et de la corde polypropylène tressé 5mm, et des nœuds de ligne d’attache en guise d’anneaux). Elle a très bien fait son job et j'en suis bien contente, mais il faut savoir que Nexo tire très peu en laisse, et que je l’attache assez rarement. Je m’en suis beaucoup servie en « main libre », c’est-à-dire en l’attachant autour de ma taille. Attention avec une longe aussi fine si votre chien tire fort et/ou brutalement, sinon adieu les doigts, comme j’ai pu le tester pendant la randonnée.

- Tapis de sol : Il s’agit d’un tapis ressemblant à un tapis de gym en plus fin, que j’ai trouvé dans une poubelle. Il ne pèse rien, mais protège de l’humidité et des cailloux abrasifs. Il nous a aussi servi pour nous assoir quand l’herbe était piquante ou mouillée.

- Croquettes : ses croquettes habituelles. J’ai mis chaque ration journalière dans un sac de congélation. Il en a porté 6 et moi 3. Comme d’habitude, je n’ai pas pris de gamelle, je l’ai laissé manger directement dans les sacs de congélation (qui peuvent aussi servir de gamelle d’eau avec les rebords enroulés).

- Trousse de secours : la même que la nôtre. Désinfectants unidose ; élastoplaste ; vetrap ; couverture de survie ; compresses ; ciseaux ; tire-tique ; smecta ; anti-inflammatoires (Attention !! pas d’anti-inflammatoires humain pour les animaux sans l’avis d’un vétérinaire).

- Sacs à crottes ! Pour les petits oublis mal placés.



Nous sommes partis pour bivouaquer, donc nous dormons dans une tente MSR Hubba Hubba NX, qui convient parfaitement ! Dans la plupart des récits, les randonneurs avec chiens préfèrent les tarp ou les tipis, beaucoup plus légers par rapport à la taille, ils permettent de mettre humains, chiens et sacs à l’abri. Néanmoins, par rapport à nos précédentes tentes, la Hubba Hubba NX nous paraissaient très spacieuse, et vu le déluge que nous avons essuyé le 4e jour, nous étions bien contents d’avoir une vrai tente avec chambre intérieure ! Nexo dormait dans une abside, Les sacs dans l’autre. Il est cependant facile pour lui de passer sous l’abside pour sortir, donc pas sécurité il était attaché, avec la laisse sous mon oreiller. Il pèse 22kg et il rentre tout juste dans l’abside. Avec un chien plus gros cela me parait plus compliqué. Vu la finesse de la toile de tente (et son prix !) je n’envisage pas vraiment de laisser Nexo entrer dans la chambre… Et il vaut mieux qu’il soit calme et respecte la toile extérieure.


Nous avons dormi dans des aires de camping ou des campings tous les soirs. En effet, il y a très peu de coins propices au bivouac car la très grande majorité des terrains sont des terrains privés, des prés de vache, ou tout simplement urbanisés… l’avantage, c’est la présence de sanitaires (donc douche, eau et toilettes). Nous n’avons eu aucun problème avec le chien, en prenant soin de ne pas déranger : chien en laisse, pas de divagation, ramasser les besoins.


Nexo, 2 ans, portait 3kg au total (soit 15% de son poids, c’est bien suffisant). Il est habitué à l’exercice physique et à la randonnée… ce qui ne l’a pas empêché de fatiguer au bout de quelques jours probablement à cause de la chaleur, comme vous le verrez par la suite. J’ai porté une partie de ses croquettes, son manteau et son tapis.


Avant de partir : Un bon traitement antiparasitaire. Et j’en étais bien contente, parce que je lui ai trouvé une quantité astronomique de tiques (mortes, du coup!) tout au long de la rando. Une piroplasmose au milieu, ça nous aurait sacrément posé problème…


L’un des principaux problèmes lorsqu’on fait le GR30 avec un chien… ce sont les vaches. Au moins une bonne moitié du GR passe au milieu des troupeaux, et une vache allaitante n’est pas forcément très familiarisée avec les humains, et considère les chiens comme des prédateurs. Si, en plus, elle allaite un veau, alors elle est d’autant plus susceptible de se défendre. Pour rajouter à tout cela, les Salers, que l’on croise beaucoup dans ces régions, ne sont pas réputés pour être très tolérantes, et j’ai pu entendre plusieurs récits d’accidents de promeneurs peu prudents, parfois mortels pour le chien. Nous avons toujours pris soin de faire de grands détours mais…

Parfois les vaches étaient tout simplement sur le seul passage, et pas décidées à se déplacer, ce qui nous a bien posé problème ! Heureusement, à part une frayeur, pas d’accidents pour nous. En entrant dans les prés, j’ai toujours attaché Nexo, même s’il ne cherche absolument pas à s’approcher des vaches. Il s’agit de règle de sécurité de base, et tout simplement de respect envers les agriculteurs qui ne connaissent pas mon chien, mais qui acceptent de nous laisser passer sur leurs terres, donc la moindre des choses est de ne pas déranger. Nexo était attaché avec ma laisse 3 points, souvent fixée autour de ma taille, mais à l’approche des troupeaux, il faut penser à la détacher et à la prendre à la main. En effet, en cas de problème (vache qui charge le chien, chien qui fuit…) il peut être très dangereux de rester attaché au chien.


Une petite illustration vidéo de notre périple:





J1 - La Bourboule - Orcival

22 km, 996mD+, 7h


La randonnée commence par une belle côte (environ 600m D+), mais on est encore tout frais, alors ça passe !

On commence à découvrir le côté optimiste de l'Auvergnat… Notre topoguide annonçait 7km jusqu’au lac de Guéry, et le premier panneau indicateur nous informe « Lac de Guéry 7,5km »… puis, quelques kilomètres plus loin, un panneau « Lac de Guéry 7,5km » ... Haha, la bonne blague!! Enfin je vous rassure, on a fini par y arriver! Cet écart entre les kilomètres annoncés et ceux réellement faits nous a poursuivi jusqu'à la fin, ce qui a transformé nos étapes d'environ 20 km par jour en étapes de 25 à 30 km en général ! Une fois arrivé en haut, le paysage est composé d'énoooormes prairies à perte de vue, c'est très joli. On passe dans les pâturages, heureusement les troupeaux sont loin, on n'a pas été embêté. On arrive au lac de Guéry, très joli.



On commence à entendre des commentaires sur le sac de bât de Nexo, qui vont nous suivre jusqu’à la fin de la randonnée. Cela varie du « Ah lui au moins il porte sa part » à « Oh le pauvre », sachant que le « pauvre » en question ne portait même pas la totalité de sa propre part. Mais ce sont très majoritairement des commentaires positifs, et il est amusant de voir la différence de perception du chien qu’on les gens à partir du moment où il porte un sac de bât.

Etape suivante: le lac de Servières. Plus petit et plus de monde, mais vraiment très joli aussi. Petit problème: un troupeau avec des veaux en plein milieu du passage... Bon, ça a été une bonne excuse pour faire une pause en attendant qu'elles partent, et puis on est passé sans encombre.

Encore quelques kilomètres et quelques heures après: notre village de bivouac, Orcival ! A ce moment-là les pieds ont bien souffert, et on est impatients de se poser. On arrive et on trouve un panneau: "camping 600m" ... Bon allez, on a déjà fait 23 km, on peut faire 600m de plus ! Eh bien, c'était simplement pour ne pas décourager les marcheurs parce qu'en réalité c'était bien à 900m ... Et 900m de plus, on les sent passer mine de rien ! Quant au camping (à la ferme): l'eau chaude n'est pas encore ouverte puisqu'il n'y a quasiment personne... (On est les 2e de l'année!). Mais bon, ça nous allait très bien, on n'avait pas prévu le luxe d’une douche de toute façon. Et le tout pour la faramineuse somme de 6€ pour 2 personnes!


J2 – Orcival – Rouillas Bas

23 km, 510m D+, 7h11


Après cette première nuit on repart à la fraîche de bon matin. On marche beaucoup sur des chemins de campagne, comme finalement une bonne partie du GR. Ce n'est pas le côté qui nous a le plus plu, étant donné qu'on vient plutôt chercher la "vraie" nature. Et puis, de bon matin c'est sympa, mais 20km et 6h plus tard, au milieu du soleil de l'après-midi, c'était quand même beaucoup moins sympa ! On croise un autre couple de GR30istes, qu'on aura croisé plusieurs fois pendant les premiers jours. Vers midi on passe au pied des Puy de la Vache, Lassolas et compagnie.



Magnifique forêt ! Mais passage trop court à mon goût, et on repart dans les chemins de campagne avec une grosse chaleur... Les épaules se sont sentir... Surtout mon épaule droite, chroniquement contracturée, qui me gâche un peu la marche. Mais heureusement j'ai fini par trouver une technique pour positionner mon bras (+ un coup de mail de Flector mon ami...) pour que ça reste vivable pour la 2e moitié du GR.


Nexouille a apparemment décidé que, vu que Pyrite n'était pas là pour concurrencer sa gamelle, c'était pas la peine de manger plus de la moitié de sa ration ce soir Bon, je me dit que l'appétit va vite le rattraper vu l'effort quotidien !


J3 - Rouillas bas - Murol

Plus de 30km, 9h et 750m D+

(la batterie de la montre GPS nous lâchée avant la fin) Grosse étape! Déjà, c'est le troisième jour, donc toujours le plus dur, mais en plus c'était une grosse étape. La plupart des gens s'arrêtent à St Nectaire, mais là-bas pas de camping ni de place de bivouac... on a donc poussé jusqu'à Murol. En plus c'était une étape qui n'était pas particulièrement jolie, et il faisait très chaud, en plein soleil sans ombre dans les chemins ! Nexouille fait toujours une demi-grêve de la faim (il a dû manger 2/3 de ses rations depuis le début au max) et il préfère boire dans les flaques et les ruisseaux que dans sa "gamelle"... M'enfin ce jour-là c'était bien sec sur la route! Rien d’inhabituel en soi, monsieur est difficile, mais ça ne m’arrange pas vraiment.


Le lac d'Aydat de bon matin, plutot sympa




Petite pause dans un joli coin... et tentative de réanimation de la part de Nexo!




La pause du midi dans le seul coin ombragé de la journée ! Le trempage de pied a été fort apprécié ! Ca y est ça fatigue, Nexo s'économise à chaque pause ! (et nous encore plus, mais chuuuut!) ^^


J4 : Murol - Besse

18 km, 5h, 593m D+

La plus petite étape de notre périple, et ça fait drôlement du bien après la rude journée de la veille ! En plus on a de jolies parties dans les bois et dans la nature ! Nexo est toujours plus joyeux le matin à la fraîche, surtout dans la forêt. Quand arrive le soleil et la chaleur de l’après-midi, il se contente de marcher avec nous. On ne peut pas dire qu’il traîne la patte pour autant, mais il a l’air bien plus fatigué que dans toutes autres randonnées que nous avons fait avant. Est-ce la distance ou la chaleur ? Je penche plutôt pour le deuxième ! Nexo, plus frais de bon matin, trouve apparemment qu'il n'est pas assez chargé et décide de prendre de quoi faire un feu ce soir ! ^^


Des passages fleuris dans les champs. Très jolis, mais totalement clôturé de part et d'autre du chemin...Parfois barbelés, et parfois simple fil de fer... Électrifié ou non? Mystère ! En tout cas, il y en a des kilomètres ! Tant mieux et tant pis à la fois. Au moins, pas de problème de vaches, mais en même temps, impossible de trouver un coin sympa pour faire une pause, si ce n'est au milieu du chemin. Alors ne parlons pas d’un bivouac ! Au loin, on peut voir notre but final: le Puy de Sancy. Et pour la pause du midi... Au milieu du chemin entre deux clôtures, donc... Nexo a répondu à la question "les clôtures sont-elle électrifiées?"... et la réponse était oui !

Le pauvre a collé sa truffe au fil sans trop y faire attention... Il est parti en couinant ventre à terre, heureusement il est vite revenu quand je l'ai rappelé ! Il était tout retourné et ne savait plus où se mettre... Et vu comment cet idiot est capable de faire des associations saugrenues, je me demandais s'il allait se créer une phobie des fleurs, des mouches, des sacs à dos, ou allez savoir quoi ! Mais il se détend un peu... recommence à vadrouiller... retourne à l'endroit du crime et... Retourne coller sa truffe directement sur le fil !! Rebelotte ! Chien inconsolable, qui essaye de disparaître sous terre…

Bon, on repart marcher, il commence à se détendre enfin quand on sort de ce couloir de fils... Et nous a fait une belle diarrhée de stress !! Enfin, c'est ce que je pensais sur le moment. Et, j'ai été plutôt agréablement surprise de constater par la suite qu'il a bien l'air d'avoir compris que c'était le fil le coupable (et pas une fleur, une mouche ou autre...), mais qu'il n'en avait pas une peur bleue non plus. Vu le nombre de clôtures qu'on a dû traverser par la suite, j’ai pu constater qu’il s'en méfiait, mais pas plus que nécessaire... ouf !! Pour traverser ces clôtures, des petits escaliers sont aménagés pour les piétons, mais pas du tout adapté aux chiens. Il a donc fallu faire passer Nexo sous les fils (barbelés et/ou électrifiés).


Bref, on a fini par trouver un camping (4 étoiles, pour le prix d'un 2 étoiles!). Nexo est crevé malgré cette petite étape, ne mange pas plus que les jours précédents, il se repose toute la fin de journée, et nous aussi ! On en profite aussi pour faire une petite lessive. Si on avait su que ladite lessive n’aurait jamais séchée le lendemain vu le temps humide qu’il allait faire, on n’aurait peut-être pas choisi ce jour-là.. !



J5 ... Besse - Besse

0h, 0km, 0D+

On se lève avec un beau crachin et... Un chien malade ! Nexo est KO, il nous fait de belles diarrhée, et peut-être même un vomi... Autant dire qu'il n'a pas du tout l'air d'attaque pour faire une étape de 30km ! En effet, encore une grosse étape sans trop de lieu pour camper sur la route qui nous oblige à pousser un peu plus loin qu'on aurait préféré... Et quasi impossible de couper l'étape en deux, donc soit on part pour 30km, soit on ne part pas ! Finalement on décide de ne pas partir et de voir si l'état de Nexo s'améliore, de se reposer de toute façon, et d'en profiter pour faire un resto ! J'ai été bien contente d'avoir son manteau, parce qu'il ne faisait pas chaud sous ce crachin, et en plus en étant malade, il n’aurait manqué plus qu'un coup de froid... Par chance, une clinique véto à 1 km du camping ! Je passe y acheter de la super pâtée pour requinquer la bestiole. A ne manger qu’une moitié de ration par jour alors qu’on marche entre 20 et 30km par jour, une grosse chaleur l’après-midi et ne buvant que dans les flaques par-ci par-là… Je suspecte qu’il se soit un peu surmené. Pour peu qu’il ait bu dans une flaque trop sale et hop. Je bricole une gamelle avec un fond d’emballage plastique, au cas où cela peut faire la différence. Un petit Smecta dans le bec et une pâtée plus tard, voilà qu'il commence à aller mieux, ouf ! Il a pioncé comme un bienheureux au chaud dans le resto sans bouger d'un poil, et il a même recommencé à vouloir jouer le soir! Le soir, orages ! Ou plutôt, gros déluge... En l'espace de 10 minutes, on a vu un petit lac se former sous notre tente.... Alors on a croisé fort les doigts, premier challenge de cette nouvelle tente ! Dormirons nous dans l'eau ou au sec? Heureusement il y avait un abri où on a pu manger au sec pendant le déluge, plus pratique qu'entassé sous la tente qui prend l'eau... Une fois le déluge passé, on va voir l’étendue des dégâts: Ô miracle, rien de mouillé !!



J6 – Besse- espinchal


30km, 867mD+, 6h30


Ce matin, tout le monde est en forme. On commence, dans la brume, par croiser le Lac Pavin. Très beau lac en cratère, mais pas du tout accessible. C’est finalement l’un des seuls endroits évoquant vraiment la montagne. Passage bien trop court à mon goût !

On approche du lac de Montcineyre et on croise un minuscule lac sur lequel un artiste a conçu des fleurs flottantes.

Le lac de Montcineyre est réserve eau potable gardée, on apprend par le gardien, très aimable, qu’il ne faut pas baigner le chien dedans. Heureusement il a pu boire quand même… Même s’il a mis les pattes dedans !

Le chemin jusqu’à Brion n’apporte rien de très exceptionnel. Après un passage sympa mais marécageux on arrive à La Godivelle. Pause au Lac d’En Haut, mais c’est très venteux et plein de touristes, alors on n’est pas resté longtemps. Là aussi, les baignades de chiens ne semblent pas très bienvenues.


En decsendant vers Espinchal, on passe dans un pré de vaches, jusque-là rien d’inhabituel. Comme d’habitude, je tiens Nexo en laisse et je surveille où sont lesdites vaches. Je les repère, quatre montbéliardes qui paissent à une centaine de mètres du chemin, tout va bien. Les promeneurs devant nous sont passés sans qu’elles ne lèvent une oreille. Elles sont en général plus sociables et familières que les vaches allaitantes. Apparemment, celles-là étaient tellement sociables qu’elles ont déboulé au galop pour venir coller leur mufle à Nexo ! Nexo qui tente de fuir, et c’est là que je teste le principale défaut de ma laisse fine : elle cisaille et brûle les doigts !! J’en ai gardé le souvenir jusqu’à la fin de la randonnée. Les vaches, probablement des génisses curieuses, n’ont certes pas de comportement agressif, mais elles galopent et ruent autour de nous, et 600 kg de vache qui s’agite, ça reste dangereux. Heureusement je n’étais pas seule et que nous connaissons un peu les vaches, mon compagnon a fait barrage et les a retenues pendant que je m’éloignais avec Nexo. On s’en sort avec une bonne petite frayeur et des doigts douloureux.


Le dernier morceau jusqu’au camping semble comme d’habitude interminable. Il s’agit d’une aire de camping, encore une fois déserte. Une personne passe tous les soirs pour nous faire régler.

Il me reste encore un peu de pâtée pour mélanger avec les croquettes et motiver Nexo à manger. Ça fonctionne plutôt bien, mais en terme le poids, la pâtée pleine d’eau et la boite en métal ça pèse lourd !



J7 – Espinchal - Cregut


27 km, 491m D+, 5h50


Après une petite marche on arrive à Egliseneuve d’Entraigues, où on trouve une épicerie pour nous ravitailler, et des toilettes publique pour économiser notre papier toilette, dont les stocks diminuent !

Salers ou tir de mine... ?

Un peu plus loin, on marche encore dans les prés, des Salers cette fois-ci, avec vaches, veaux et taureaux. Problème, le passage est bloqué par un troupeau, et principalement par un énorme taureau couché au milieu du chemin. L’autre solution, c’est de passer de l’autre côté de la clôture, où trônent des panneaux « Attention danger, Tir de mines » … On a opté pour le tir de mine !

Bien entendu on a simplement longé la clôture le temps de dépasser le troupeau, de plus, c’était un dimanche, donc probablement pas de tir de mine ce jour-là.


On arrive dans un magnifique coin sauvage avec des ruisseaux qui serpentent. Parfait pour une pause. Juste avant la sortie du pré, on retrouve nos amies les vaches, qui sont une fois de plus dans le passage. Après avoir patienté qu’elles daignent s’en aller, et voyant que ce n’était pas le cas, on a fini par trouver un passage pour faire un détour.

Arrive la foret magnifique autour des lacs de la Crégut. C’est un des plus beaux passages du GR30. On fait une pause au bord d’un lac, et là on découvre que l’on a une vue directe sur deux nids de Milans Royaux. J’aurais pu rester des jours à les observer.

Arrivée à La Crégut, on cherche le camping. On nous informe qu’il est « juste un peu plus loin », estimation probablement faite par un automobiliste, car en réalité il se trouvait à plus d’un kilomètre hors GR, et en bonus, le long d’une grande route peu agréable. Heureusement, le camping lui-même était très agréable, probablement le meilleur de mon souvenir.




J8 – Cregut - Picherande


25km, 525m D+, 5h40


Cette journée commence par un peu de passage sur les routes bitumées à mon goût. Le temps a semblé long jusqu’au lac Chauvet qui avait l’air très beau, mais tristement là aussi inaccessible car privé.

La suite est encore fréquemment constitué et de routes, puis on arrive à la cascade de Barthe et sa vallée qu’on descend. Très beau passage, mais encore trop court à mon goût.

En bas de la vallée on trouve plusieurs fromageries de Saint-Nectaire qui nous mettent l’eau à la bouche. On grimpe à nouveau vers Picherande pour chercher notre camping pour la nuit, mais arrivée à celui-ci, on découvre qu’il est abandonné. Si l’herbe ne faisait pas 1,20m de haut, on aurait pu y bivouaquer, mais là l’option semblait peu confortable, pleine de tique, et pas d’eau à proximité.

Heureusement on en a trouvé un autre un peu plus loin. Encore une fois personne n’était à l’accueil ni le soir, ni le lendemain matin, on a donc laissé notre règlement sous la porte en partant.



J9 – Picherande - La bourboule


32 km, 1132m D+, 7h21


Ca y est, aujourd’hui c’est l’ascension du Puy de Sancy et le dernier jour. C’est le premier jour de canicule, heureusement pour nous, parce que les jours suivant c’est devenu parfaitement intenable. Nous avons même croisé des GR30-istes avec leur chien qui ont dû abandonner à cause de la chaleur, et je pense que nous aurions été contraint à faire de même. La chaleur non-caniculaire que nous avons eue a déjà beaucoup fatigué Nexo.


On monte du côté du Cirque de la Fontaine Salée. Une zone préservée et réglementée, car source d’une biodiversité extraordinaire. Effectivement, le peu qu’on en a vu était magnifique, mais malheureusement, seul le passage du GR30 est autorisé aux chiens, on a donc dû s’en satisfaire.


Nexo est en laisse presque jusqu’au en haut, il me tire un peu, mais la laisse n’est pas élastique, ce qui donne un résultat en à-coups peu confortable pour nous deux. A améliorer pour la prochaine fois !

On finit par arriver sur sentier où on retrouve pas mal de touristes… encore que ce n’est rien par rapport à l’autre côté ! La montée du Puy de Sancy est une vraie autoroute. Les derniers cent mètres sont particulièrement escarpés, et l’érosion induite par tous ces visiteurs a obligé d’aménagement du sentier pour éviter une grosse dégradation des terres.

Une fois en haut, la vue est belle, mais on n’est pas resté longtemps, il y avait trop de monde… Et encore, nous étions en basse saison, je n’ose pas imaginer la haute saison !

On descend vite, quitte à faire du saut d’obstacle par-dessus les retenues qui ralentissent l’érosion du sentier. Arrivée à la forêt la fatique se fait sentir. On sait qu’on est presque arrivée, mais les derniers kilomètres à plat semblent tout à fait interminables. Enfin, on arrive à La Bourboule, on retrouve notre voiture en un seul morceau, ouf.

Après les 32 km et 1132 m de dénivelé de cette dernière journée, on est tellement épuisé qu’on ne pense même pas à cette aventure qui se termine.




Au bilan :


La liste des points à améliorer :

- Le confort de nos sacs de randonnée. J’ai eu mal à mon épaule tout au long de la randonnée, et plus d’une fois j’ai eu envie que cela se termine rapidement à cause de ça, et mon compagnon a eu des irritations sur les passages de bretelles du sac, avec la même conséquence.

- Choisir un itinéraire plus sauvage. Nous avons eu la facilité de pouvoir dormir dans des campings tous les soirs, et se ravitailler facilement, mais finalement ce qui nous a vraiment plu c’est d’être loin de la civilisation, ce qui n’est pas fréquent sur le GR30 le plus adapté pour cela. De plus, comme il n’était pas si facile de trouver un point de bivouac ou camping, ça nous a poussé à faire de longues journées, et finalement moins profiter du temps passé. La plupart des randonneurs du GR30 se logent dans des gites, auberges et hôtels en général, et ils sont plus faciles à trouver qu’un coin pour camper !

- Trouver un moyen pour faire manger Nexo ! Je suis rentrée avec 3 rations non mangées. Même au bout des 9 jours il n’avait pas plus d’appétit qu’au début… Je pensais qu’il aurait compensé au bout de quelques jours mais non. Qu’en serait-il si nous partons plus longtemps ? Difficilement envisageable de changer pour des croquettes plus riches, puisqu’il est assez fragile digestivement parlant, et que ces croquettes-là sont déjà riches et faciles à digérer. Emmener de la pâtée serait excessivement lourd et volumineux en déchets. Je vais me pencher du côté des « snacks » que donnent les mushers à leurs chiens de traineau, qui sait…

Liste des bons points :

- Finalement un très bon résultat pour notre premier GR, qui sera probablement suivi d’autres GR ! Pas de problème de ravitaillement, on en avait presque trop, ni autre péripétie problématique.

- Le reste du matériel a été parfait, que ce soit en qualité, en poids, en utilité…

- Nexo a eu un comportement exemplaire tout au long de la randonnée, rien à redire !

- Vivement la prochaine !

98 vues

Zen-O-Vet

Dr. Vétérinaire Ciska GIRAULT

mail: cg.zenovet@gmail.com

tel: 0695100276

Toulouse

  • w-facebook