• Ciska Girault

Pas maintenant... S'il te plaît...

Aujourd’hui, 14h00 pétantes, nous attend devant la porte ce qu’on apprécie le plus : Une personne sans rendez-vous (nous ne prenons que sur rendez-vous), qui n’a pas appelé auparavant pour prévenir et qui se pointe directement avec Kiki. Pour quel motif ?


Euthanasier Kiki.


Kiki est un vieux border collie que nous n’avons jamais vu auparavant… Euthanasie qui n’a rien d’urgent !

Nos illustres ASV font très bien leur travail :

1) Revenez tout à l’heure, sur rendez-vous… On ne va pas pénaliser TOUS les clients bien élevés de l’après-midi pour prendre avant tout le monde quelqu’un qui n’a même pas pris la peine de prévenir, pour une pas-plus-urgence-que-les-autres.


[Hors sujet/ON] Si vous voulez être pote avec votre véto. Ne vous pointez pas pour un rendez-vous « urgent » sans avoir appelé avant… Surtout si c’est pour commencer par « ça fait 3 semaines que » … [Hors sujet/OFF]


2) On n’a jamais vu Kiki, c’est hors de question de « commander » une euthanasie. On n’est pas au supermarché !

3) Cerise sur le gâteau, le chien qu’on soit euthanasier n’appartient pas à monsieur ! Il l’emmène parce que la propriétaire ne peut pas se déplacer… Donc revenez avec un accord écrit du propriétaire avant qu’on fasse quoi que ce soit.


Bref… De quoi se mettre de bonne humeur avant même le début. Je reçoit donc Kiki à l’heure dite. Il faudrait donc que j’euthanasie Kiki parce que Kiki a du mal à se lever, se fait pipi dessus et fait ses besoins dans le garage ! Pas le moindre soin ni traitement n’a été mis en place pour soulager Kiki… Et Pouf, hop, on va tuer Kiki parce qu’il est abîmé ?

Bonus : je place Kiki sur ses pattes et il arrive à se déplacer. Kiki est un sac de nœud, de pipi et de crottes, mais à part ça Kiki va plutôt bien. Il mange, il boit… Mais il a de toute évidence beaucoup d’arthrose aux hanches.





Je refuse donc l’euthanasie.


Le monsieur-taxi me passe Mme. Michu, la propriétaire, au téléphone pour que je lui explique. Et là j'ai une version un peu détaillée de la situation: Mme Michu m’explique qu’elle adore Kiki, c'est son seul compagnon, elle fond en larme en m’expliquant qu’il ne peut plus se lever, qu’elle-même, âgée de plus de 80 ans, se lève plusieurs fois dans la nuit pour l’essuyer, mais qu’elle ne peut pas le porter, qu’elle est épuisée de la situation, qu’elle n’a personne pour l’aider. Je comprends entre les lignes que sa famille l’a poussée à faire euthanasier le chien. Famille en question, qui, apparemment, n’a pas eu l’idée de s’occuper elle-même de la chienne pour soulager Mme Michu… Plus facile de s’en débarrasser, sans doute.

J’explique à Mme Michu qu’on peut lui donner des antidouleurs, le tondre pour qu’il ne soit plus souillé et qu’on attend quelques jours avant de prendre une décision… Entre ses larmes, j’entends un espoir sincère quand elle accepte.


Je tonds donc Kiki, qui a été adorable, je lui met une pommade pour toutes ces irritations causées par les souillures, je lui fait une injection antidouleur et je rends Kiki à son taxi du jour. Je croise fort les doigts…


Le lendemain, Mme Michu nous rappelle, ravie. Kiki s’est remis à marcher, il retourne dehors faire ses besoins. Kiki a encore quelques temps devant lui !


Ces jours-là je rentre heureuse chez moi, j’ai redonné du confort à un vieux chien, prolongé sa vie qui a failli finir inutilement tôt et le sourire à une vieille dame, qui, je l’espère, a une famille plus aimante qu’il n’y parait !

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